Bruno Deletré, Directeur Général du Crédit Foncier, a présenté l’analyse des marchés immobiliers du Crédit Foncier et ses perspectives pour 2015.

Le marché résidentiel a poursuivi sa baisse en 2014

  • Pour la première fois depuis 1997, moins de 300 000 logements neuf ont été construits en 2014 (297 000), soit un repli de 10 % sur un an et de 35 % depuis 2007. Cette baisse est renforcée sur le segment de l’accession, avec -15 % en 2014 et -48 % entre 2007 et 2014.
  • Dans l’ancien, les transactions affichent en 2014 une baisse de 2 %, soit un nombre (705 000 transactions) très en-deçà (-14 %) des niveaux d’avant-crise (820 000).

construction de logements

Pourtant, les conditions de taux n’ont jamais été aussi favorables à l’acquisition de logement. Les taux ont poursuivi leur baisse pour s’établir à un niveau moyen de 2,36 % à la fin de l’année 2014, du jamais vu depuis 70 ans. Le montant des crédits à l’habitat a atteint 119 milliards d’euros en 2014, en baisse annuelle de 8 %, à des niveaux proches des plus bas enregistrés en 2009 et 2012. Cette baisse des taux a accompagné un recul à un niveau modéré des prix dans l’ancien en 2014, compris entre 0 et 2,5 % en Ile-de-France et dans les métropoles régionales, plus accentué sur le marché secondaire avec de fortes disparités régionales.

En réalité comme le souligne Bruno Deletré, « cette diminution des prix est plus significative si l’on prend en compte la somme totale (capital + intérêts) qu’acquittent les acquéreurs. Sur une période de trois ans (fin 2011 à fin 2014) un logement dont le prix aurait baissé de 2 % et financé dans sa totalité sur 18 ans, revient au global 12,5 % moins cher du fait de la chute des intérêts d’emprunt. »

Les taux d’intérêt devraient rester bas en 2015 et permettre un redémarrage progressif des volumes

320 000 logements neufs devraient être construits en 2015 (+8 %), hausse essentiellement portée par la reprise du marché de l’accession. En parallèle, le volume attendu de transactions dans l’ancien est de l’ordre de 740 000 unités (+5 %). Quant aux évolutions de prix, elles devraient rester identiques à celles observées en 2014 : en moyenne stables dans le neuf et en baisse modérée dans l’ancien, mais avec des disparités territoriales qui demeureront fortes.