passoires-thermiquesLe Réseau Action Climat France qui fédère les associations impliquées dans lutte contre le changement climatique s’inquiète de deux amendements au projet de loi sur la transition énergétique qui vont être débattus au sénat. Ils visent à exempter les bâtiments antérieurs à 1948 de toute réglementation sur l’efficacité énergétique.

Ces bâtiments représentent les pires passoires énergétiques du parc de bâtiments français. Ils sont à 70 % en classe E, F ou G2. Selon le RAC, l’adoption de tels amendements mènerait à une aggravation importante de la précarité énergétique, les logements construits avant 1948 représentant 38% du parc français. Cela aurait également l’effet pervers de dégrader le patrimoine architectural français : abandon de certains bâtiments, dégradation plus rapide par manque de chauffage et apparition de moisissures, priorité donnée aux factures énergétiques au détriment de l’entretien du bâtiment, etc. Il faut au contraire renforcer l’ambition en matière de rénovation énergétique pour cette catégorie de bâtiments, comme pour les autres. Il est inconcevable de laisser à l’abandon, aux prises à une consommation d’énergie galopante, tout une partie de nos concitoyens.

Les associations de protection de l’environnement sont tout à fait conscientes des enjeux architecturaux et patrimoniaux. Les spécificités des bâtiments classés sont d’ailleurs systématiquement prises en compte, que ce soit dans les textes européens, les réglementations thermiques actuelles ou bien dans le projet de loi en débat au Parlement.

Pour mémoire, la Commission européenne instruit actuellement une plainte pour non respect par le droit français de la directive performance énergétique des bâtiments. Cette « dérogation 1948 » que la France traîne comme un boulet depuis des années est l’un des principaux griefs.