Maison de l'apprentissage de gennvilliers

 Conçu par l’atelier d’architecture Brenac + Gonzalez, le nouveau centre d’apprentissage de Gennevilliers (92) fait référence à l’architecture industrielle du paysage local et s’inspire des grandes halles ferroviaires qui longeaient les voies ferrées. Ces halles sont ici réactualisées sous la forme de deux vastes nefs parallèles, dont les toitures de bardeaux de terre cuite se retournent verticalement sur les façades. Inauguré le 17 octobre 2012 par la chambre de commerce et d’architecture de Paris et le conseil régional d’Île de France, ce bâtiment de 6050 m2 utile et 7800 m2 SHON est situé à proximité du pôle universitaire et au centre d’un quartier d’affaires.

Une façade anti-bruit 

La Maison de l’Apprentissage Gennevilliers regroupe trois centres de formation aux métiers du bois, de la maintenance des ascenseurs et de la propreté industrielle, ainsi qu’un gymnase. L’agence Brenac + Gonzalez a voulu valoriser ces métiers ainsi que la mémoire architecturale des grandes nefs de briques aux silhouettes atypiques. « Répondant aux variations de hauteurs internes, les faîtages des toitures varient à leur tour, créant des effets de mouvements, elles ondulent, donnant à l’édifice un aspect dynamique et contemporain », commente Mathieu Garcia, chef de projet de l’agence Brenac + Gonzalez.

Les principales contraintes spatiales résidaient dans l’emprise et la localisation de la parcelle tout en longueur contenue entre la voie SNCF à l’est et une canalisation hydrocarbure à l’ouest. La bande restante de 40 m de large seulement devait suffire à loger les grands ateliers ayant tous besoin de liaisons directes et d’une surveillance permanente par le corps enseignant. Pour isoler les ateliers bruyants des salles de classe plus calmes, il fallait mettre en oeuvre des traitements spécifiques : les planchers du rez-de-chaussée ont donc été renforcés par des chapes acoustiques.

« La proximité des voies SNCF nous a amenés à poser le bâtiment sur plots élastomères pour l’isoler des vibrations des trains. Nous avons aussi créé un jardin suspendu à l’étage, protégé par un mur « anti-bruit » dans la continuité de la façade, afin d’ouvrir les salles de classe sur un espace préservé des nuisances sonores », explique Mathieu Garcia.

Un véritable manteau thermique en terre cuite 

L’édifice intègre huit gaines d’ascenseurs et un volumineux système d’aspiration des poussières dans l’atelier d’usinage central. Pour atteindre les objectifs environnementaux avec ce très fort renouvellement d’air, les architectes ont enveloppé le bâtiment d’un « manteau thermique » performant constitué de 15 cm d’isolant protégé d’une peau de terre cuite. Les murs de 20 cm sont constitués de voiles de 7 mètres de haut en béton banché coulé en place. Les architectes ont opté pour des bardeaux extrudés Alphaton® du fabricant Moeding, dont le sens de la pose a été inversé de l’horizontale à la verticale. « La terre cuite et la forme archétypale du bâtiment inscrivent l’établissement dans l’histoire de la ville. Cette icône se déforme en toiture pour épouser les différentes hauteurs propres à chaque programme », soutient Mathieu Garcia. « Nos études d’exécution avec la société Axima nous ont poussés vers le produit double peau Alphaton® qui répondait aux contraintes de pérennité et au mode de pose recherché », explique –t-il.

« La terre cuite est notre matériau fétiche. Les composants de la terre cuite sont solides au point d’être réutilisables pendant des siècles. L’inertie thermique de la terre cuite est appréciable pour le confort en toute saison et pour l’isolation par l’extérieur. Cela ouvre un potentiel de développement pour les façades en terre cuite », commente Xavier Gonzalez.

Travail complexe de découpe et de pose des bardeaux 

L’agence Brenac + Gonzalez ne s’est pas contentée de mettre en scène les incontournables composants du programme. « Pour fixer les modules de brique en rive de toiture et en partie haute des murs, nous avions besoin d’un produit qui puisse être découpé dans le sens de l’extrusion. Nous avons ainsi réussi à limiter la création de filières à deux types de modules », poursuit Mathieu Garcia. La disposition verticale des bardeaux Alphaton® facilite la découpe des bardeaux de rive qui s’effectue ainsi dans la largeur de chaque pièce. Les biseaux à 45 degrés des bardeaux d’angle ont été taillés in situ, alors que les cassettes en inox poli recuit encadrant le pignon nord vitré viennent recouvrir la tranche des bardeaux des longues façades latérales. Les tuiles calepinées en terre cuite Alphaton® recouvrent les façades et le toit des deux volumes.

Technique de mise en oeuvre complexe 

Bernard Poupard, expert du bardage et directeur de l’agence Cofely Axima, explique sa démarche technique : « Les bardeaux de terre cuite Alphaton sont posés dans des conditions très inhabituelles. Le projet nécessite l’établissement d’un plan de calepinage horizontal et vertical très précis en fonction de la dimension des bardeaux. Les modénatures en façade se retournent en toiture pour assurer une continuité visuelle.»

Alphaton®, une réponse adaptée aux architectures durables 

La façade suspendue, ventilée et calorifugée en terre cuite est un procédé de construction idéal pour l’isolation et l’habillage des murs extérieurs. Une isolation durable et efficace contribue à la réduction de la consommation en chauffage ou en climatisation, répondant ainsi parfaitement aux nouvelles exigences du Grenelle de l’environnement, des démarches HQE et BBC.

Le bardage rapporté Alphaton® s’inscrit dans la gamme de produits de grande qualité du fabriquant Moeding, visée par avis technique CSTB et faisant l’objet de contrôles continus CSTB Certified. Composé de bardeaux double peau de 30 mm d’épaisseur, Alphaton® offre une grande liberté architecturale tout en garantissant d’excellentes propriétés techniques.

Associée aux isolants adéquats, les façades Moeding s’adaptent aussi bien à la rénovation des bâtiments pour améliorer les performances énergétiques qu’aux bâtiments neufs qui doivent être conformes aux nouvelles exigences environnementales. La terre cuite se marie parfaitement avec le bois, l’acier, le crépi ou encore le verre, donnant une signature personnalisée au bâtiment. À long terme, les façades Moeding se patinent sans altération des couleurs. Fabriquées à partir d’argile provenant principalement d’Allemagne, les plaques de terre cuite ne nécessitent aucun entretien et résistent aux agressions extérieures comme les chocs ou les UV.

À la résistance des bardeaux et à leur variété de couleurs, s’ajoutent des éléments d’ossature aluminium de grande qualité qui font partie intégrante du système Alphaton® et contribuent à ses performances techniques. Développées et commercialisées par Moeding, ces pièces d’ossature font l’objet de recherches et d’innovations constantes afin de répondre aux nouvelles exigences de construction (réduction des ponts thermiques notamment) et aux attentes des professionnels et partenaires de pose.