Source : CEREN

Source : CEREN

L’ADEME présente un scénario à l’horizon 2030 d’une consommation plus respectueuse de la planète et plus économe en ressources. A partir d’hypothèses réalistes par rapport aux tendances de consommation observées actuellement et en référence aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, ce scénario nous montre qu‘il est possible de réduire d’environ 17% l’empreinte carbone de la consommation des Français d’ici 2030, les autres impacts environnementaux évalués restant maîtrisés.
Pour réaliser ce scénario volontariste, l’ADEME s’est attachée à donner une vision prospective fondée sur des changements sociaux, économiques et technologiques déjà amorcés aujourd’hui dans 6 grands secteurs de consommation : l’habitat, la mobilité, l’alimentation, la consommation non alimentaire, les loisirs et la culture, et les activités tertiaires et les services publics. Dans cette prospective, l’empreinte carbone de l’habitat diminuerait de plus de 35% entre 2007 et 2030 mais, parallèlement, la production de déchets non dangereux progresserait du fait de la rénovation des bâtiments.
Trois orientations principales concernent l’habitat :

Adopter des modes d’habitat adaptés à des modes de vie plus sobres en énergie et en lien avec la réduction de la taille des ménages

– Rééquilibrage de la part des maisons individuelles dans les constructions neuves au profit du petit collectif (50 / 50 à 2030, contre 58 / 42 aujourd’hui).
– Réduction de la consommation de ressources et d’espaces.
– Développement des pratiques d’habitat partagé et de mutualisation avec ses voisins des espaces communs comme les chambres d’amis, la laverie, le garage, le jardin… qui pourraient représenter 10% du marché neuf en 2030.
– Réduction de la surface des logements neufs, en lien avec l’évolution des modes de vie (familles recomposées, vieillissement population…) : de 115 à 100 m2 dans les maisons individuelles neuves, de 67 à 64 m2 dans le collectif pour une famille « moyenne » en 2030.
Les tailles des ménages se réduisant structurellement, la tendance à l’augmentation de la taille des logements en m2 résulte sans doute plus de l’augmentation du niveau de vie et du choix d’investir dans son espace privatif. Il semble qu’avec des solutions d’habitat partagé, on puisse aller vers des surfaces en moyenne plus petites par personne, sans pour autant réduire le confort individuel et même en améliorant l’accès à de nouvelles fonctions des logements (disponibilité d’espaces communs nouveaux …).

Améliorer le confort et l’efficacité thermique du parc de logements

– Accroissement du rythme des constructions neuves, sobres en énergie (consommation inférieure à 50kWh/m2 via RT 2012 et 2020 ensuite).
– Limitation des besoins énergétiques des bâtiments par des rénovations performantes (plus de 500 000 rénovations performantes/an à partir de 2017) et formation de l’usager à la maîtrise de la dépense énergétique par la compréhension et le « pilotage » de son logement, comme il peut le faire pour d’autres produits (efficacité active).
– Diminution des impacts liés à la climatisation (réduction des fuites de fluides frigorigènes, en 2030, mise sur le marché uniquement de produits à faible GWP (inférieur à100)).
Articuler de meilleures pratiques d’utilisation de son logement (pilotage automatique, gestes quotidiens…), avec la performance intrinsèque de ce dernier, est indispensable dès lors que l’on se dirige vers un parc de logements de plus en plus rénové. C’est en combinant ces évolutions technologiques avec des modes « d’habiter mieux », que le confort et les économies d’énergie seront au rendez-vous.

Réduire l’impact environnemental des techniques et matériaux de construction-rénovation

– Augmentation des constructions avec du bois produit localement : doublement des constructions neuves en bois en 2030, en maison individuelle (20%), comme en collectif (2%).
– Baisse des puissances unitaires des équipements de chauffage (économie de matière sur les équipements de chauffage de 1% par an de 2012 à 2030).
– Réduction des taux de fuites dans les équipements thermodynamiques (de 6 à 3% par an en 2030).
De nouveaux processus de construction doivent permettre de réduire à la fois le volume de matières consommé, mais aussi d’introduire des produits à moindre impact environnemental. La « bio économie » représente une promesse intéressante pour de nombreux secteurs (chimie, énergie, matériaux…) mais le secteur du bâtiment est probablement un des premiers à pouvoir incorporer, sans changements massifs des pratiques, du bois matériau en quantité intéressante. C’est une manière de substituer des matériaux fortement émissifs lors de leur fabrication par un matériau qui stocke du carbone, dès lors qu’il est produit dans des conditions soutenables (forêts gérées dura- blement, production locale…) et cela favorise par ailleurs l’utilisation « en cascade » des sous-produits / coproduits de son exploitation et utilisation dans les filières bois industrie (panneaux, papier) et bois énergie.