La FEDENE, Fédération des Services Energie Environnement, représente les opérateurs d’efficacité énergétique. Elle souhaite à ce titre être force de proposition dans le cadre du projet de loi Transition Energétique notamment sur le thème de la rénovation énergétique des bâtiments. Forte de cet engagement, la FEDENE a mandaté CARDONNEL Ingénierie pour la réalisation d’une étude nationale qui, au travers de cas concrets et représentatifs du parc immobilier français, présente des feuilles de routes pragmatiques visant à réduire la consommation énergétique des 5 millions de logements privés et publics avec chauffage collectif. L’objectif à terme est de tendre en 2050 vers le niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation) pour l’ensemble du parc immobilier collectif existant.

Crédit Fedene Cardonnel

Crédit Fedene Cardonnel

Une étude nationale inédite et concrète pour renforcer la démarche « Objectif 500 000 logements »

L’étude s’est concentrée sur trois zones géographiques et climatiques différentes, représentatives de la diversité des contextes climatiques :

  • la 1ère est continentale avec un climat rude (ville de référence :Nancy – H1b),
  • la 2ème zone est plus tempérée avec une influence océanique plus prononcée (ville de référence : La Rochelle – H2b),
  • la 3ème zone présente des climats plus cléments avec de fortes chaleurs en été (ville de référence : Nice – H3).

L’étude concerne également trois types de bâtiments de taille moyenne (entre 20 et 27 logements) et de périodes de construction différentes afin d’assurer une représentativité optimale :
– avant 1948, type Haussmannien (soit 53 % des copropriétés en France et 61 % des résidences principales à Paris), caractérisé par une absence d’isolation intérieure, une densité et épaisseur importantes des murs extérieurs, une forte inertie thermique, peu de ponts thermiques, une chaudière des années 80 et une consommation énergétique de référence de 253 kWh/m2.an (en zone climatique rude),

– 1948 – 1975, datant des 30 Glorieuses (20 à 25 % des copropriétés en France et 50 à 60 % des logements HLM en France), avec une faible étanchéité à l’air, une chaudière des années 80 et une consommation énergétique de référence de 398 kWh/m2.an,

– dans les années 80 (16 % des copropriétés et 14 % des logements HLM), doté d’une isolation par l’intérieure, d’une isolation de la toiture terrasse, avec une chaudière des années 80, d’importants ponts thermiques et une consommation énergétique de référence de 230 kWh/m2.an.

Sur cet échantillonnage varié, CARDONNEL Ingénierie a simulé plusieurs solutions, combinaisons d’actions sur les équipements thermiques (changement d’équipements) et/ou sur l’enveloppe (isolation).

Des feuilles de route pour tendre vers plus de performance énergétique

A travers cette étude, une approche au cas par cas s’est avérée nécessaire, afin d’identifier la stratégie de rénovation appropriée au type et à l’état initial du bâtiment. En conclusion de l’étude, la FEDENE et CARDONNEL Ingénierie préconisent l’établissement de feuilles de routes pragmatiques, dans la mesure où il n’existe pas de solution unique tant la diversité des bâtiments est importante. A ce titre, l’étude réalisée donne des orientations fondamentales sur les « packages » de rénovation les plus adaptés par typologies de bâtiments et guidera les décideurs vers des combinaisons pertinentes de solutions existantes et éprouvées.

Crédit Fedene Cardonnel

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Pour les bâtiments d’avant 1948, les actions sur les équipements thermiques (changement de chaudière, isolation des réseaux en volume non chauffé, mise en place de robinets thermostatiques et équilibrage des réseaux hydrauliques) et une isolation du plancher bas sont plus adaptés.

Pour les bâtiments des 30 Glorieuses, les actions les plus pertinentes dépendent très largement de l’état constaté. Toutefois les stratégies de rénovation les plus adaptées consistent à agir sur l’enveloppe (avec un effort financier conséquent) ou à combiner des opérations sur les équipements thermiques (changement de chaudière, etc.).

Pour les bâtiments construits dans les années 80, il est possible de réduire la consommation énergétique en combinant plusieurs actions sur l’enveloppe ou en agissant uniquement sur les équipements thermiques.

Les services de pilotage et de maintenance, un gage d’efficacité énergétique et de pérennité des équipements

L’étude révèle par ailleurs l’importance d’un pilotage et d’une maintenance de qualité des installations thermiquessoit pour accompagner le processus de rénovation, quelle que soit la feuille de route choisie, soit en attendant de pouvoir rénover les installations. Plusieurs constats mettent en lumière la rentabilité énergétique et financière des services de maintenance et de pilotage dans le temps (maintien du rendement du brûleur, réglage de la température d’eau chaude, équilibrage du réseau de distribution, télégestion, système d’alertes…) :

  • Sur des installations rénovées, l’absence de pilotage et de maintenance génère une surconsommation croissante au cours des années.
  • Sur des installations existantes non rénovées, ces prestations peuvent générer des gains importants par rapport à un entretien minimal obligatoire (gain de l’ordre de 20 %).
  • Pour l’ensemble des habitats collectifs étudiés, les gains liés à ces services croissent de manière de plus en plus importante au fil du temps et le surcoût lié à un pilotage et une maintenance efficaces de l’installation se voit très rapidement amorti.

Le pilotage et la maintenance des installations apportent ainsi une remarquable rentabilité financière et énergétique en plus d’une réduction des émissions de CO2. Elles permettent à elles seules de réaliser jusqu’à 20 % d’économies d’énergie, évitent les dérives, sources de gaspillage, et garantissent la performance du système dans le temps.

Crédit Fedene Cardonnel

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Des pistes de réflexion et d’actions pour tous…

Ces feuilles de route, au-delà de la démarche novatrice qu’elles proposent aux pouvoirs publics, intéressent différentes catégories de personnes et d’entités, toutes concernées par les enjeux de la rénovation énergétique.

Elles coïncident avec les intérêts des locataires et utilisateurs en quête de confort, d’économies et de maîtrise de charges. Elles coïncident aussi avec les intérêts des propriétaires de logements publics (bailleurs sociaux…) et privés, à savoir garder le locataire et augmenter la valeur verte du bâtiment favorisant la location. Enfin, elles questionnent le comportement des habitants, plus efficient grâce au rôle important de sensibilisation et de conseil des opérateurs d’efficacité énergétique présents sur le terrain dans la durée.

A la lumière de cette étude, la FEDENE propose d’accompagner avec efficacité la rénovation énergétique des logements équipés de chauffage collectif :

  • en encourageant la définition d’une feuille route avec un objectif intermédiaire à 2025 (en kWh/m2.an) incitant à réaliser des actions pour atteindre à terme l’objectif fixé de 2050.
  • en inscrivant dans le projet de loi relatif à la transition énergétique la garantie de performance réelle, ce qui constituerait un moyen supplémentaire pour renforcer cet élan.
  • en insistant, dans le cadre de la révision de la réglementation thermique « bâtiments existants », sur l’obligation d’entreprendre des actions de performance énergétique à l’occasion de grands travaux sur le bâtiment (ex : isolation en lien avec un ravalement, équilibrage hydraulique en liaison avec l’isolation de la toiture…).

…pour quels résultats concrets ?

« La rénovation du parc de bâtiments existants constitue un enjeu essentiel de la transition énergétique. Nous proposons des solutions pragmatiques adaptées aux différentes types de bâtiments et aux contraintes financières des décideurs. Le pilotage et la maintenance performants des installations y contribuent de façon importante, peu coûteuse et rapide à mettre en oeuvre. Cette dynamique de rénovation pragmatique contribue en outre au développement d’emplois non délocalisables. » selon Jean-Claude Boncorps, Président de Fedene.