Une réunion s’est tenue le 23 juillet 2014, sous la présidence du Ministre de l’Agriculture et de la Forêt, Stéphane LE FOLL, en présence des représentants des scieurs (FNB) et de la production forestière (ONF, FNCOFOR, FPF, UCFF).

La FNB a expliqué la situation de précarité dans laquelle se trouvent les scieries depuis de nombreux mois en raison de difficultés d’approvisionnement et d’une absence totale de visibilité. Cette pénurie est le fait d’une défaillance de l’amont forestier à mobiliser le bois dont a besoin l’industrieet à tenir des engagements alors que la France dispose de la quatrième forêt européenneL’Etat, en publiant des chiffres utopiques sur le stock de bois sur pied disponible, porte aussi une lourde responsabilité. En 2011, l’ONFs’était engagé auprès de l’Etat pour préserver son budget,améliorer son efficacité pour mobiliser 2% de bois supplémentaire par an, et porter la contribution de la forêt publique de 14,5 millions de m3/an à 16 millions.En 2013, l’ONF avait désigné 13,66 millions m3 de bois (-801.000 m3 par rapport à 2012) et annonce -500.000 m3 en 2014, soit -10% depuis 2011. Un échec que l’ONF n’a pu expliquer au Ministre :« Nous pouvons probablement mieux faire, nous allons regarder ce qu’il est possible de faire ». Dans le même temps, pour gérer cette pénurie, l’ONF refuse quasi-systématiquement toutes les demandes d’aménagement des ventes sollicitées par les scieurs pour faire face à la crise. Une raideur administrativeet juridique incompatible avec l’économie de marché et la guerre économique à laquelle sont soumis les scieurs.

Face à ce constat partagé de pénurie, aucune mesure de sauvegarde n’est adoptée par le gouvernement français pour éviter que la précarité s’installe et n’affecte la pérennité de milliers d’emplois et d’entreprises à bout de souffle. L’export de grumes, le laxisme dans la certification phytosanitaire, l’exonération d’écotaxe du transport de bois ronds, l’accès informatisé aux données du cadastre, autant de promesses non tenues par le Ministre de l’Agriculturequi posent question. La forêt privée a rappelé l’urgence et la nécessité au préalable à abonder le fonds stratégique pour relancer les plantations et la forêt de production, position partagée par tous les participants. La FNB a indiqué au Ministre de l’Agriculture son engagement et sa participation active à la construction du contrat de filière dont il est co-président avec M. MONTEBOURG.

Une filière d’avenir est une filière qui se développe, qui a des perspectives et une vision claire de son marché. Aussi, la FNB prend ses responsabilités et pose ainsi des conditions à sa signature au contrat de filière à l’apport par le gouvernement :

  • des garanties réelles et sérieuses sur le volume de bois qui sera disponible pour les scieries françaises, en particulier en forêt publique, pour les 3 prochaines années ;
  • des garanties de financement du fonds stratégique pour relancer la forêt de production en forêt privée ;
  • des mesures de sauvegarde effectives pour les scieries pour assurer leur pérennité, en particulier la limitation de l’export de grumes.