Ce concours, organisé en partenariat par l’Association des maires de France, la Fédération Française du Bâtiment, la Fondation du patrimoine et la Caisse d’Epargne, récompense des communes et structures intercommunales ayant réalisé des opérations de restauration ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti. Les jurys régionaux et le jury national ont pris en compte les critères suivants : intérêt et valeur du patrimoine considéré, parti architectural et qualité de la mise en œuvre, retombées de ces opérations d’un point de vue social, économique, culturel, environnemental et touristique.

 

Prix national – commune de moins de 3500 hab.

Association des amis du moulin de Pinquet

Photo : Association des amis du moulin de Pinquet

SAINT-FELIX-DE-FONCAUDE
Gironde – 293 hab.
Restauration du moulin à eau de Pinquet

Construit vers 1770, ce moulin était, lors de l’acquisition par la commune en 2003, totalement enseveli sous les ronces et une végétation luxuriante, rendant le bâtiment pratiquement invisible. Les portes étaient arrachées et un arbre était même tombé sur une partie de la construction.

Plusieurs semaines furent nécessaires pour faire apparaître le bâtiment et ses abords grâce à l’implication des bénévoles. La toiture fortement endommagée est réparée en 2005.

Les travaux reprennent en 2006 avec les modifications et créations d’ouvertures réalisées dans l’esprit des lieux avec la pierre de réemploi afin de se fondre dans l’existant. Le plafond, en simple volige grossièrement rabotée, est blanchi avec un lait de chaux et brossé.

La charpente reste visible pour mettre en valeur l’authenticité des pannes et du poinçon.
La partie habitation a été réalisée avec la même exigence en privilégiant les économies d’énergie.

En 2010, la vanne de décharge du moulin est restaurée et la murette du bief démontée pierre par pierre sur 1 m de haut et reconstruite.

En 2012, le bief est restauré. Le mécanisme de meunerie est entièrement reconstitué (roue à augets, rouet de fosse, bluterie et meules remontées), fonctionnel avec une mise en lumière valorisant la réalisation.

Cette rénovation a permis de redonner vie au moulin à eau. Depuis, l’association « les amis du moulin de Pinquet » accueille le public et explique le fonctionnement du moulin avec des démonstrations de mouture.

Le bâtiment accueille également un logement locatif dit du meunier et 2 salles qui permettent d’organiser des réunions ainsi que des expositions, conférences et concerts.

 

Prix national – commune entre 3500 et 20000 hab.

 Ville de Tarare

Photo: Ville de Tarare

TARARE
Rhône – 10 757 hab.
Requalification d’un bâtiment industriel : les Teintureries 

Le premier atelier d’apprêt (traitement de finition permettant de donner au produit son aspect dans les techniques du textile) a été construit sur le site en 1825 puis agrandi vers 1856. Les bâtiments sont pratiquement détruits lors d’un incendie en 1905 puis un second en 1946. Le site est désaffecté en 2006. L’importance du site, la localisation et l’état environnemental de cette friche industrielle à l’abandon nécessitent l’intervention des pouvoirs publics pour permettre sa reconversion. Le site est dépollué et certains bâtiments démolis avant qu’il ne soit cédé à la ville.

Le bâtiment est d’importance, 200 mètres de long, 6 550 m2 de surface développée et près de 4 000 m2 de tuiles. Il se compose de deux ailes de trois niveaux percés de 20 fenêtres chacun, encadrant un corps central en légère saillie.

L’aile Est, reconstruite après l’incendie de 1946, est entièrement maçonnée avec un réseau de poutres et de poteaux en béton. Cette partie, en bon état structurel, a été conservée pour accueillir des activités tertiaires avec la mise en œuvre d’isolements au feu entre les différents plateaux dont les programmes n’ont pas le même classement.

L’aile Ouest, plus ancienne, est composée de façades en pierres et d’une structure intérieure métallique recouverte de bacs béton assemblés. A l’intérieur, les planchers ont été partiellement démolis, libérant de très beaux volumes. De gros travaux de consolidation des murs de façades ont été entrepris. Cette aile a été réhabilitée pour

accueillir l’ensemble des activités de Ninkasi intégrant une brasserie, une distillerie et un restaurant-café concert. Des études approfondies ont dues être réalisées au niveau du dallage afin que celui-ci puisse supporter le poids des cuves de bière qui pèsent jusqu’à 14 tonnes. Il a également fallu prendre en compte le passage de la rivière sous le bâtiment, et minimiser les charges au droit de la rivière. Le dernier étage est occupé par un plateau de bureaux.

L’escalier monumental du bâtiment central a retrouvé toute son allure et a été doublé d’ascenseurs pour desservir les étages. Toutes les installations techniques ont été pensées afin de s’intégrer de manière respectueuse dans ce bâtiment chargé d’histoire industrielle et ouvrière.

L’organisation fonctionnelle du bâtiment est conçue pour faire des Teintureries un lieu tourné vers la ville, un espace de travail, de culture et de détente, accessible à tous.

Prix national – plus de 20000 hab.

TROYES

Adrien CLERGEOT / Ville de Troyes

Photo : Adrien CLERGEOT / Ville de Troyes

Aube – 61 000 hab.
Réhabilitation et extension d’un immeuble en Maison du Tourisme

Située dans le centre historique, cette maison traditionnelle à pans de bois date du XVIème siècle et était à l’époque occupée par un commerçant. Un important remaniement est intervenu vers 1724. Acquise en 1966 par la ville, elle est restaurée en 1976 afin d’abriter une halte- garderie et un logement jusqu’en 2009. L’immeuble est soumis au règlement du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur depuis 2003.

Les travaux ont consisté en une réhabilitation d’un bâtiment traditionnel au cœur du secteur sauvegardé en y associant la réalisation d’une extension qui communique avec l’existant afin d’accroître la surface utile et rendre l’ensemble accessible aux personnes à mobilité réduite.

La première tâche a été de mettre à nu l’ensemble de la structure bois. Les charpentiers ont ainsi pu entreprendre les modifications de structure rendues nécessaires par le règlement de secteur sauvegardé et la nouvelle affectation des locaux. La structure porteuse et les planchers ont été renforcés pour supporter les nouvelles charges d’exploitation et les façades restituées. Une ferme d’avant-corps a été recréée sur la façade. La charpente a été modifiée pour accueillir les 30 cm d’isolant béton de chanvre en toiture. La couverture a été réalisée en tuiles plates.

Les deux cheminées en pierre ont été entièrement reprises et rénovées et leurs souches remontées. La découverte d’un sous-terrain lors des démolitions intérieures a impliqué la modification en adaptation des fondations de l’extension.

L’ensemble des travaux s’est fait en respect total de ce patrimoine avec un remplissage des pans de bois réalisé en béton de chanvre, les dallages en pierre et tommettes et les bois mis en couleurs grâce à une peinture à l’ocre 100 % naturelle à la recette ancestrale.

Le bâtiment accueille désormais l’Office du Tourisme et les services municipaux liés. Il est le symbole et la vitrine du patrimoine troyen. Désormais outil de valorisation du territoire, la Maison du tourisme a amélioré les conditions d’accueil des visiteurs de plus en plus nombreux.

 

Prix spécial du jury

Gens de Viam

Photo : Gens de Viam

VIAM
Corrèze – 115 hab.
Restauration de l’église Saint-Martin

Cette église de style romane a probablement été construite au XIIème siècle. Le plafond d’origine en bois a été remplacé par une voûte en pierres de style gothique vers le début du XVème, ce qui engendrera l’écroulement de la voûte côté clocher. Des contreforts seront ajoutés au XVIIème. De multiples travaux seront entrepris aux XIX et XXèmes siècles. L’église est classée au titre des monuments historiques en 1976. En 2002, un rapport condamne l’édifice à la fermeture si sa restauration n’est pas engagée rapidement.

Celle-ci débuta par une mise hors d’eau de l’église. Il s’agit ensuite de créer une nouvelle assise au mur nord, sur toute la longueur, et ses contreforts. Après retaille du rocher à certains endroits, entre le bas du mur et le rocher, sont glissées des pierres larges de 60 à 90 cm, retaillées sur le chantier.

La restauration de trois voûtes en pierres nécessite une mise sous cintre avec des étaiements ajustés à chacune des clefs, des nervures sous la voûte, des voûtains… afin de pouvoir dégager les joints et déposer chaque pierre sans les abîmer.

Une voûte en bois de chêne est créée pour remplacer la voûte en pierre de la 1ère travée, effondrée au XVIIème siècle.

La charpente représente 240 pièces de chêne, toutes différentes, préparées en atelier.
La couverture est en ardoises attachées avec des clous en cuivre. 15 300 ardoises ont été néces- saires, provenant pour 2/3 de récupération. Le faîtage est réalisé avec des tuiles creuses scellées au mortier.

L’ancien vitrail Saint-Martin est restauré et de nouveaux vitraux contemporains créés.
Les décors les mieux conservés, datant de plusieurs époques, sont consolidés et mis en valeur.
Cette restauration a permis de maintenir une activité culturelle au cœur de la commune et d’attirer les visiteurs.

 

Mention spéciale

LE HAVRE

Philippe BREARD / Ville du Havre

Photo : Philippe BREARD / Ville du Havre

Seine-Maritime – 178 070 hab.
Restauration de la façade Art Déco de la piscine Cours de la République

Les travaux de la piscine démarrent en 1937 mais la guerre reportera son ouverture à 1946, le bâtiment étant réquisitionné par les allemands puis les GI. Les travaux engagés dans les années 1970 ont profondément modifié l’aspect de la façade principale par la mise en place d’un bardage métallique et la modification des ouvertures.

Découverts récemment, les vestiges de la façade originelle poussent la mairie à s’engager dans une démarche de restitution « à l’identique ».
Dans un premier temps, Il a fallu enlever le bardage métallique recouvrant la façade d’origine, l’état sanitaire des parements ne permettait pas de les conserver tels quels.

En partie haute, le parement en pierre en diagonale est déposé en conservation pour un tri et nettoyage des éléments en bon état et leur repose selon le procédé actuel de pierre agrafée avec pattes de fixation scellées. Certains compléments de pierres ont été nécessaires pour remplacer les pierres trop endommagées, notamment celles de l’angle cintré du bâtiment.
En partie intermédiaire, le parement est refait en pierres neuves, en reprenant le calepin original de pierres de bourgogne roses et blanches alternées.
En partie basse, le soubassement est dépiqueté pour permettre la restitution du parement de grandes dalles de granit collées et l’intégration des soupiraux débouchés.

L’avant-corps d’entrée monumental retrouve ses colonnes, les deux baies en menuiserie de ciment sont restituées. Les deux statues de baigneurs, déposées pendant la guerre, sont refondues à partir des moulages originels conservés par la ville du Havre.

Fortement touchée par les bombardements pendant la seconde guerre mondiale, la Ville s’est considérablement investie dans la conservation et la restauration du bâti, dont la piscine est un point fort.
Afin de valoriser son patrimoine architectural, la ville a mis en place un circuit touristique sur la thématique du patrimoine « Art Déco ».

 

Prix régionaux

11 prix régionaux sont décernés aux communes dont les dossiers ont été sélectionnés par un jury régional pour concourir au niveau national.

Prix départementaux

Cette année, 48 prix départementaux ont été décernés par les jurys régionaux.

Les prix régionaux et départementaux seront remis localement, lors de manifestations organisées dans les communes par les représentants des quatre partenaires au cours du 2ème semestre 2014.