CAPEB

La CAPEB, la CNATP, l’Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail (IRIS-ST) et l’OPPBTP ont créé un Observatoire des formations à la prévention suivies par les entreprises artisanales du BTP. Une première note de synthèse des données collectées en 2011 vient d’être publiée.

Mieux cibler les besoins de qualité, de compétence et de qualification des entreprises de l’artisanat du BTP à travers un observatoire du secteur et de la prévention des risques professionnels.

L’Observatoire dresse un état des lieux précis des formations à la prévention suivies par les entreprises artisanales du BTP. Il permet ainsi d’obtenir des statistiques par métier, par risque, par profil de stagiaire ou encore par région. Ces informations constituent un outil au service des différents acteurs de la branche du BTP pour identifier des pistes de progrès et mener des actions mieux ciblées.

La formation : un levier de prévention

L’artisanat représentant 98% des 500 000 entreprises du BTP, c’est un acteur économique majeur. Cependant, il demeure un secteur dans lequel les risques professionnels sont encore importants.

La prévention, le deuxième domaine de formation le plus suivi par les travailleurs du BTP

Avec 38 117 stagiaires, les formations à la prévention constituent plus de 1 formation sur 3 réalisée en 2011.

On note cependant des écarts significatifs selon le statut du stagiaire : 10% des chefs d’entreprises suivent des formations sur ce thème contre 43% des salariés qui, étant le plus sur le terrain, sont les plus confrontés aux risques d’accidents.

Les femmes ne représentent que 2% des stagiaires formés, alors qu’elles représentent 11% des salariés du BTP. Si l’on peut penser que cet écart important est lié au fait que les femmes ont souvent un rôle lié à la gestion plus qu’au terrain et ont donc moins besoin d’être formées à la prévention, un suivi particulier de cette question sera nécessaire.

Les métiers à risques mieux représentés dans les formations à la prévention

Les métiers les plus exposés aux risques sont légèrement surreprésentés par rapport à d’autres corps d’état, comme les métiers de la Pierre ou la Peinture Vitrerie Revêtement. C’est donc un signe encourageant : les professions les plus à risque ont pris le problème de la prévention à bras-le-corps.

Un écart constaté entre les thèmes des formations suivis et les causes principales d’accidents du travail

D’une part, les formations les plus dispensées en 2011 sont liées à la conduite d’engins, au travail en hauteur et au secourisme. D’autre part, les principales causes d’accident au travail effectivement constatées concernent des actions comme la manutention manuelle. La comparaison entre les thèmes de formation et les causes d’accidents présente donc un écart. On constate un déficit de prévention sur des actions plus routinières.

Les formations semblent donc porter leurs fruits sur les sujets les plus étudiés, mais un travail de sensibilisation doit encore être mené sur des problématiques liées à des aspects moins techniques mais quotidiens, comme les manutentions manuelles ou les accidents de plain-pied.

Périodicité :

Cette première note de synthèse de « l’Observatoire national des formations à la prévention » est un premier état des lieux qui a d’ores et déjà permis de mettre en œuvre des actions concrètes, en partenariat avec des organismes de formation. Objectif : toujours mieux prendre en compte les besoins et spécificités des entreprises artisanales du BTP. Cette note de synthèse sera suivie  d’une seconde en 2015 sur la base des chiffres et données 2012 permettant de suivre les évolutions et les tendances.

Pour Patrick Liébus, président de la CAPEB et de l’IRIS-ST :

« Le secteur du BTP figure parmi les secteurs où les risques professionnels sont les plus importants et les petites entreprises ne sont pas épargnées. Dans un contexte économique difficile, la compétitivité des entreprises artisanales se joue désormais sur des critères de qualité, de compétence et de qualification, sans oublier les questions de santé et de sécurité au travail. La formation professionnelle est donc devenue un véritable levier pour contribuer à la performance de ces entreprises. Les conclusions de l’Observatoire sont particulièrement précieuses, car elles nous permettent de mieux piloter l’offre de formation pour mieux l’adapter aux besoins réels des professionnels en matière de prévention ».

Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP, commente :

« La formation est un levier fondamental pour enrichir les compétences des compagnons mais aussi des chefs d’entreprise artisanales en termes d’organisation et d’évolution des compétences individuelles et collectives. La formation, conjuguée aux actions de conseil et d’information, développe le savoir-faire des entreprises en matière de prévention tout en lui permettant d’accroître leur performance globale. »

Pour Françoise Despret, Présidente de la CNATP :

« La prévention est un sujet qui est toujours très difficile à exprimer. Pour qu’elle n’apparaisse pas ou plus comme une contrainte, il est indispensable de mieux communiquer à son sujet. Les conclusions qui sont livrées par l’Observatoire apportent une visibilité des formations que nous pouvons exploiter. C’est, dans un premier temps, un état des lieux. Il fait d’ores et déjà référence. La santé et la sécurité au travail sont essentielles pour les entreprises. A nous de faire fructifier cet Observatoire en orientant l’offre de formation au mieux de leurs besoins ».

 Télécharger la note de synthèse