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 Patrick Liébus, Président de la CAPEB : « À la fin de l’année, à situation économique égale, l’artisanat du Bâtiment aura perdu un emploi toutes les 30 minutes ! Combien de temps faudra-t-il attendre pour que les choses changent ? »

Paris, le 4 septembre 2013 – Les artisans du bâtiment subissent depuis deux ans une crise importante. Ils n’ont cessé d’alerter sur leur situation de plus en plus critique. Dans chaque département, de tristes exemples ont montré que la crise pèse lourdement sur les entreprises avec, à la clé, faillites et licenciements. Pour la deuxième fois de l’année, les chefs d’entreprise descendent dans la rue pour alerter les pouvoirs publics et sauver leur activité. Les perspectives sont sombres : 20 000 pertes d’emplois sont prévues pour 2013 et l’augmentation de la TVA au 1er janvier 2014 met à elle seule 9 à 11 000 emplois sur la sellette.

 

La mobilisation du 13 septembre 

Le 13 septembre, les artisans du bâtiment seront mobilisés dans tous les départements. Plusieurs milliers sont attendus. Ils mèneront des défilés à pied ou en véhicule, des opérations escargots, des regroupements devant les préfectures et les conseils généraux, des barrages filtrants… Les Pouvoirs publics seront également interpellés, avec des rendez-vous prévus avec les préfets, les présidents de Conseils généraux, les sénateurs et les députés.

Les raisons de la mobilisation 

L’artisanat du bâtiment, qui représente plus de 375 000 entreprises et plus de 700 000 salariés, est aujourd’hui pris en étau. Entre la conjoncture qui se dégrade, le développement de la concurrence déloyale, l’inflation règlementaire et la pression fiscale, l’artisanat du bâtiment appelle à l’aide pour sauver son secteur. En 2013, le recul de l’activité devrait être compris entre -3,5% et –4%1. L’impact sera dramatique, avec près de 20 000 emplois menacés en 2013, auxquels viennent s’ajouter les 10 000 emplois déjà détruits en 2012. En 2014, si l’activité continue de se dégrader et que la hausse de la TVA se confirme, près de 20 000 emplois supplémentaires seront également menacés. L’artisanat du bâtiment ne voit pas à ce jour de reprise à l’horizon. La détérioration du tissu économique local risque d’être très importante. Les entreprises qui auront tenu pendant la crise ne seront peut-être plus suffisamment nombreuses pour faire face à la demande si le contexte économique s’améliore.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, s’exclame : « En termes d’activité, on est revenus au niveau des années 1999-2000. Il est impensable de se retrouver avec des chiffres d’activité d’il y a 13 ans ! D’autre part, en trois mois, les besoins en trésorerie des artisans sont passés de 22 à 24 000€, soit une augmentation de 10%. C’est un drame qu’aujourd’hui des entreprises ferment pour si peu. »

 

Les 6 mesures demandées par la CAPEB

 

  • La mesure Phare, mesure n°1 : indispensable à toutes les autres : une TVA réduite à 5% pour l’ensemble des travaux de rénovation.
  •  Mesure 2, PTZ + : rouvrir le PTZ+ à l’ancien sous condition de travaux de performance énergétique réalisés dans les 2 ans suivant l’acquisition.
  • Mesure 3, ECO PRET + CIDD : rétablir à 45 000 euros le plafond de ressources du cumul de l’Eco-prêt et du CIDD.
  • Mesure 4, PERL : créer le « Prêt Energie pour la Rénovation des Logements » (PERL). Actuellement l’épargne des ménages (Prêt LDD) n’est pas assez mobilisée vers les travaux d’économie d’énergie. Récemment le Débat national sur la transition écologique a réaffirmé la poursuite des politiques d’économie d’énergie. Parallèlement, notre secteur a besoin de s’inscrire dans une « grande politique de petits travaux ». Lancer un tel produit bancaire répondrait à ces trois objectifs.
  • Mesure 5, Banque Publique d’Investissement : adapter l’intervention de la BPI aux TPE, notamment aux entreprises de moins de 20 salariés en matière de préfinancement du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi et de la garantie d’Oséo – BPI faite aux banques lorsqu’elles accordent un préfinancement du CICE.
  •  Mesure 6, le logement : accélérer la libération du foncier afin de construire plus, rationaliser les normes et réglementations pour bénéficier de coûts de construction maitrisés.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, conclut : « Avec l’augmentation de la TVA de 7 à 10% au 1er janvier 2014, les charges qui pèsent de plus en plus lourd sur les entreprises et la concurrence déloyale qui gangrène le secteur, nous ne pouvons pas baisser les bras. Sans parler de l’éco conditionnalité qui entrera en vigueur au 1er juillet 2014, alors que le financement de FEEBat n’est pas assuré après 2013… Nous avons des rendez-vous ministériels, nous discutons beaucoup, mais nos propositions ne se concrétisent pas… On nous promet la lune pour mieux nous vider les poches… Nous allons nous battre ! »