Tischler
Dans le cadre de l’organisation de la 1ère édition des Trophées du Responsable Formation, Demos a réalisé deux enquêtes : une à destination des responsables formation et une pour les salariés. Ces enquêtes ont pour objectif de fournir une vision globale sur l’état de la formation selon deux points de vus : celui du responsable formation dans le but de pouvoir évaluer ses pratiques actuelles, et celui du salarié afin de mieux connaitre son rapport à la formation.
Si on regarde les statistiques des deux enquêtes, on constate que la formation est plutôt simple d’accès, et chez le salarié (74%), et du point de vue du RF (79%) : ce pourcentage quasiment identique chez l’un et chez l’autre est le signe d’une vision ajustée de la part du responsable formation de la réalité ressentie par les salariés de son entreprise. 
 
Dans 46% des cas les salariés suivent des formations qu’ils ont eux-mêmes demandé, et de façon assez égalitaire les formations sont suivies (à 29%) dans le cadre d’une proposition de l’entreprise et sont imposées (à 25%). Autre point : les responsables formation notent que les salariés sont en général plutôt volontaires pour suivre des formations (dans 64% des cas). La formation est donc plus souvent discutée ou demandée, qu’imposée : Un possible effet collatéral du DIF et / ou de l’entretien professionnel.
La communication du plan  de formation se fait de façon différente dans chaque entreprise : de façon majoritaire (dans 47% des cas) les responsables formation communiquent ce plan auprès des managers. La communication générale est minoritaire et quasiment un salarié sur deux n’est pas informé sur la formation autrement que par son manager. Cela peut être cohérent lorsque l’on veut faire du manager le premier RH de proximité de l’entreprise, par contre ce n’est pas de nature à favoriser l’implication du salarié en amont de la formation.
L’information est tout de même bien communiquée dans son ensemble puisque la question de la formation est abordée par les managers dans le cadre de l’entretien annuel dans 79% des cas. Preuve que la formation  reste un élément important dans l’évolution de carrière.
Du point de vue du salarié : il est en amont de sa formation, principalement renseigné sur les objectifs (30%) et la durée (29%) de celle-ci mais un peu moins sur les modalités pédagogiques utilisées (19%) ni des modalités d’évaluation (9%). L’aval de la formation est toujours moins bien appréhendé que l’amont. C’est un constat récurrent en matière de formation : les responsables formation maîtrisent beaucoup mieux l’amont et la production de la formation que l’aval, c’est à dire l’impact, l’efficacité et les effets de la formation.
Les principaux objectifs identifiés par les responsables formation sont :
  1. Développer la performance
  2. Accompagner les projets de l’entreprise
  3. Les formations obligatoires
  4. La politique de santé/sécurité
  5. Les outils nouveaux
L’orientation business, la gestion du changement et la gestion de l’incontournable sont les trois piliers des plans de formation.
On remarque également que l’appel aux ressources internes se développe : recherche d’économies, compétences rares, meilleure adaptation des formations, articulation directe avec le travail…autant d’atouts pour ce mode de formation.
Pour les salariés, l’objectif est rempli : pour 71% d’entre eux, les formations suivies ont un impact important sur leurs pratiques professionnelles.
Le recours à la modalité e-learning est croissante, mais reste toujours minoritaire avec 90% des entreprises qui ne l’utilisent qu’à hauteur de 10% de leur plan global.
L’étude révèle pourtant de belles perspectives pour le e-learning avec 62% des entreprises qui souhaitent développer cette modalité pédagogique dans les années à venir.
Au cours de ces trois dernières années, les moyens de la formation (budget, ressources humaines…) restent stables selon 44% des répondants, ou à la hausse pour 35% d’entre eux. On ne parle donc pas vraiment de crise dans ce secteur, les déclarations des responsables formation ne rendent pas compte d’une tension nouvelle, plus importante, sur la diminution des moyens de formation.
Du point de vue légal, les responsables formation ne pensent pas que les évolutions de cette année vont avoir un impact particulier sur leur métier et sur l’image de la formation en général : le contexte législatif n’est pas le principal moteur de l’évolution du métier de responsable formation. Au contraire, c’est souvent en se détachant du cadre légal, en le laissant à sa juste place, que l’on peut faire évoluer le métier.