IMG_1583L’activité de l’artisanat du Bâtiment connaît un nouveau repli avec près de –3% de baisse en volume au 3e trimestre 2013 (contre -4% au 2e trimestre 2013). La construction neuve dans l’artisanat du bâtiment subit un recul très marqué de l’activité de -6%. L’entretien- amélioration voit également son activité baisser de -1%. Les travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements stagnent (0%) pour le deuxième trimestre consécutif. Le manque de perspectives économiques du secteur ne donne pas d’espoir de reprise pour 2014.

 

Le 3e trimestre 2013 affiche un nouveau repli de l’activité de l’artisanat du bâtiment à hauteur de -3% (contre -4% au 2e trimestre 2013). C’est le sixième trimestre consécutif de baisse ! La construction neuve pâtit de cette baisse d’activité : -6%. À la fin août 2013, on constate une baisse des mises en chantiers de -11% sur douze mois cumulés et un recul des permis de construire de 25,2% de juin à août 2013 par rapport à la même période de l’année précédente. L’entretien-amélioration perd également de l’activité (-1%) et les travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements n’évoluent pas (0%).

L’ensemble des corps de métiers est affecté par cette dégradation et connaît un recul de l’activité comprise entre –2,5% et –3,5%, la maçonnerie restant l’activité la plus impactée. À l’exception de l’Est, l’ensemble des régions françaises affiche un moindre ralentissement de l’activité. La situation des trésoreries reste très préoccupante : 32% des entreprises artisanales affichent une détérioration et le montant moyen de leurs besoins en trésorerie dépasse encore les 20 000 euros. Les carnets de commandes offrent peu de visibilité et représentent seulement 78 jours de travail contre 87 au 1er trimestre 2013.

Autre signe alarmant : selon la Banque de France, le montant global des crédits octroyés aux ménages au 1er trimestre 2013 recule ainsi de 13,4% pour le septième trimestre consécutif (par rapport au même trimestre de l’année précédente).

Les conséquences sur l’emploi sont désastreuses. En effet, plus de 35 000 emplois (salariés et intérimaires) dans le BTP ont été détruits entre le 2e trimestre 2012 et le 2e trimestre 2013, soit près de 3 000 emplois détruits par mois.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, s’inquiète : « Certains analystes avancent que l’économie française retrouve un peu de vigueur ! Et bien cette amélioration ne profite pas à l’artisanat du bâtiment qui continue à perdre un emploi toutes les demi-heures. La situation est extrêmement grave : nous en sommes revenus au niveau d’activité de 1999, soit un recul de plus de 13 ans. Avec 33 % d’entreprises en plus ! Les entreprises artisanales du Bâtiment sont très fragilisées par le faible niveau des carnets de commandes et par une forte pression fiscale et sociale. Les entreprises ressentent une forte inquiétude devant le manque de perspectives économiques doublé d’un sérieux alourdissement de leurs charges. »

TVA réduite : une liste de travaux trop restrictive 

Les travaux d’Amélioration de la Performance Energétique des Logements stagnent (0%) pour le deuxième trimestre consécutif. Sans une démarche proactive des pouvoirs publics, ce secteur ne se développe pas.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, commente : « Les mesures annoncées lors de la conférence environnementale sont un premier signal positif, mais leur impact réel ou non sur le marché d’Amélioration de Performance Energétique du Logement dépend de la traduction dans le projet de lois de finances 2014. Le diable est dans les détails ! Les entreprises artisanales du Bâtiment s’inquiètent de voir comment seront transcrites ces promesses, notamment le taux de TVA réduit pour la rénovation énergétique. Si on veut un réel impact, il faut que la liste des travaux de rénovation énergétique concernés par le taux réduit à 5,5 % soit aussi large que possible et que les travaux induits soient également pris en compte. Dans le cas contraire, cette mesure gouvernementale risque de faire un flop ! »