© flytoskyft11 - Fotolia.com

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1,5 million d’euros par an : c’est le montant des économies réalisées par les 40 entreprises accompagnées par l’ADEME dans la réduction et la gestion de leurs déchets. Et pourtant, les entreprises ne semblent pas encore conscientes des économies substantielles qu’elles peuvent réaliser en la matière : selon une enquête menée par l’ADEME en 2010, 90 % des PME méconnaissaient le coût réel de leurs déchets, le limitant à la seule facture de gestion, sans prendre en compte les coûts de production. 

La réduction des déchets, un facteur de compétitivité clé pour les entreprises

Le renchérissement du coût des matières premières et la hausse des coûts de gestion des déchets plaident pour une meilleure prise en compte de ce sujet par les entreprises, d’autant plus dans une période d’incertitude économique où les organisations sont à la recherche d’économies.

Les résultats de l’opération « 40 entreprises témoins », mandatée par l’ADEME en 2011, ont démontré que la réduction des déchets pouvait être une source non négligeable de compétitivité pour les entreprises. Les actions de réduction des déchets ont permis à 40 entreprises témoins de réaliser une économie pérenne totale de 1,5 M /an. L’opération a également permis de constater que  80 % de l’économie totale générée provient de la réduction ou du recyclage de matière ou d’emballages à la source, soit en amont de la phase où le déchet est produit. Pour les entreprises, tout l’enjeu consiste donc à agir sur la réduction des déchets à la source, en sélectionnant la bonne quantité et en utilisant de manière efficiente les matières premières lors de la phase de production. De la sorte, les coûts d’achat et de transformation sont limités et l’entreprise gagne dès lors en compétitivité. La collaboration des entreprises avec leurs fournisseurs de matières premières et leurs prestataires de gestion des déchets est clé dans cette optique.

Un nouvel outil analytique pour calculer le coût réel des déchets

La  méthode MFCA (Material Flow Cost Accouting), permet de mieux connaître et de maîtriser le coût réel des déchets – à savoir les coûts de gestion mais aussi de production ; elle connaît un succès croissant dans des centaines d’entreprises, notamment au Japon. Cette nouvelle méthode de comptabilité analytique, définie dans la norme ISO 14051, permet  d’identifier et de quantifier les coûts des pertes matières (matières achetées non intégrées dans le produit final)  et de leur transformation dans l’entreprise (énergie, main d’oeuvre). Jusqu’à maintenant, ces données étaient « noyées » dans le coût de revient des produits.

Les 10 entreprises qui ont testé la méthode MFCA dans le cadre d’une étude de l’ADEME ont pu constater, preuves à l’appui, que le coût de production des déchets est de 3 à 181 fois plus élevé que le coût de leur gestion . De même, les recettes du recyclage ( revente des chutes/déchets de matières premières) sont 5 à 10 fois inférieures au coût de production des déchets . Le déchet n’a donc aucune valeur ajoutée  !

Ainsi, cette nouvelle méthode analytique permet d’inscrire la gestion des déchets dans la stratégie globale des entreprises, faisant de cette problématique jusqu’ici négligée un enjeu majeur de compétitivité .